Selon le proverbe français, on reconnaît un bon ouvrier à ses outils. En cette ère de l’informatique, on reconnaît un bon traducteur aux outils qu’il utilise quotidiennement pour garantir la qualité de son travail. Ces logiciels de traduction assurent précision, vitesse, cohérence, et contrôle de la qualité. Chez Traductions Laurent Chevrette, toute notre équipe se voue à l’utilisation de ces outils de traduction assistée par ordinateur (TAO). Nous pouvons ainsi travailler en équipe sur vos projets, en utilisant nos mémoires de traduction (MT, nous y reviendrons dans un prochain article) et nos bases terminologiques (BT) pour garantir que vos documents seront bien traduits, que ce soit de l’anglais vers le français et vice-versa, mais aussi depuis le japonais, l’espagnol, le mandarin et plusieurs autres langues.

L’époque est révolue où les traducteurs n’avaient que la Pierre de Rosette pour déchiffrer des textes étrangers antiques. Comme le marteau du forgeron et la truelle du maçon, les outils de TAO sont au cœur du travail de traduction, et notre équipe les maîtrise comme personne. Nous utilisons ce qui se fait de mieux sur le marché en matière d’outils de TAO, tous dotés d’une technologie de pointe.

Les logiciels hors ligne et les plateformes en ligne, des solutions bien différentes

Nous sommes efficaces, quelle que soit la solution utilisée, mais il est évident qu’une frontière sépare ces deux types d’outils de TAO. Commençons donc par aborder les solutions qui sont entièrement accessibles en ligne. Celles-ci sont très populaires auprès des traducteurs et des agences de traduction partout dans le monde. Elles sont pratiques pour garder le contrôle sur les mémoires de traduction et aussi pour superviser le travail des traducteurs. Elles sont également idéales pour les traducteurs qui possèdent des ordinateurs qui ne fonctionnent pas sous Windows. En effet, la plupart des logiciels de TAO professionnels hors ligne sont principalement compatibles avec ce système d’exploitation. L’utilisation d’outils en ligne, qui sont compatibles avec la plupart des navigateurs les plus connus, représente donc un avantage concurrentiel par rapport aux logiciels de TAO hors ligne. Par contre, leur interface ainsi que leur technologie sont très inégales et changeantes d’une plateforme à l’autre, ce qui peut poser certains problèmes d’acclimatation à l’environnement pour les traducteurs qui les utilisent.

 

Voici un premier exemple de mes expériences avec les outils de TAO en ligne : WordFastAnywhere. Dernière plateforme de la suite éponyme fondée en 1999, il s’agit du doyen des trois solutions de TAO en ligne. Cet outil en ligne gratuit dispose d’une interface complète et facilement lisible, mais dont les tons pastel sont un peu difficiles pour les yeux. Heureusement, il existe des extensions pour les navigateurs qui permettent de modifier les couleurs de l’interface. Comme ses homologues en ligne et hors ligne, cette plateforme prend en charge les mémoires de traduction et les bases terminologiques. Toutefois, on ne peut qu’espérer qu’ils en aient amélioré l’efficacité du code, car les exigences du mode entièrement en ligne en font une véritable tortue par rapport aux outils de TAO hors ligne que nous présenterons ci-après. Cette lenteur constitue un problème récurrent avec les solutions en ligne, qui est leur principal désavantage.

Parmi les autres solutions de TAO en ligne, il existe XTM Cloud, qui s’appuie sur 16 ans d’expérience au sein de l’industrie. Ici, l’apparence est plus standard et professionnelle. La gestion de projet est aussi simplifiée et plus transparente. Mais l’interface est encore difficile à lire sans y apporter des réglages : le nombre de segments affiché est limité (le texte à traduire est segmenté afin de faciliter la traduction), ce qui nous empêche d’avoir une vision d’ensemble du texte. Les statuts des segments  (modifié, confirmé, révisé, etc.) mériteraient d’être plus clairs. J’ai utilisé cet outil à la fin de la dernière année, et il m’a laissé une meilleure impression que WordFastAnywhere.

La dernière solution de TAO en ligne des plus populaires, Memsource, propose une solution gratuite avec des options payantes. Elle offre une interface plus moderne et des ressources plus ergonomiques. Similaire aux produits ci-dessus, la solution tchèque, qui souffle ses 7 bougies cette année, propose néanmoins des champs de filtres au-dessus des segments qui rappellent l’excellent logiciel hors ligne memoQ, qui sera présenté à la toute fin de cet article. Ces champs de filtres sont très utiles pour garantir la cohérence du vocabulaire, car ils permettent d’organiser les segments selon l’ordre alphabétique, les répétitions, le moment de la modification, etc.

Ces outils sont tous très pratiques, mais leurs limites sont évidentes : Comment travailler lorsque nous sommes en déplacement; en vacances au chalet à la montagne, où le réseau est inexistant; ou encore en avion? Il devient alors impossible d’enregistrer son travail sur son ordinateur en attendant le retour de la connexion Internet, puisque tous les outils censés accélérer le travail et garantir la cohérence des projets, notamment les mémoires de traduction et les bases terminologiques, sont connectés au serveur. Il est vrai qu’il suffit de connecter son ordinateur au réseau Internet de son téléphone cellulaire pour demeurer en ligne, mais les frais élevés et la faible vitesse rendent le travail difficile. Tandis qu’un logiciel de TAO hors ligne n’a qu’à se soucier des capacités matérielles de l’ordinateur, un outil en ligne est limité par les caractéristiques du réseau Internet. Comment travailler quand le service est en maintenance? Quand il y a des ralentissements?

Les solutions hors ligne, elles, sont plus robustes et dépendent uniquement des capacités de l’ordinateur. Et il faut l’avouer, les solutions hors ligne ne sont pas si exigeantes que ça. Nul besoin de posséder un ordinateur ultra puissant pour les utiliser.

 

trados1 1 1024x544 - Les outils de traduction assistée par ordinateur (TAO)Qu’en est-il de ces logiciels hors ligne? Nous sommes évidemment habitués à travailler avec le champion de l’industrie, SDL Trados, avec qui nous avons fait nos débuts comme la majorité de nos collègues et concurrents. Il faut également reconnaître qu’il a bien progressé depuis son arrivée sur le marché, malgré son éternelle allure de couteau suisse peu ergonomique. Sa multitude d’outils le rend incontournable, et tout aussi critiqué par l’industrie de la traduction. Nous lui préférons le logiciel qui occupe la seconde marche du podium, memoQ, qui offre de multiples atouts par le biais de son excellente ergonomie.

Les choix de notre équipe

Cela fait une douzaine d’années que nous utilisons SDL Trados. Le format de ses fichiers est largement utilisé au sein de l’industrie. En effet, ses concurrents se doivent de prendre en charge ses fichiers, tandis que l’inverse n’est pas vrai, occuper la première marche du podium a du bon. Mais parlons d’abord des limites de ces outils de TAO hors ligne.

 

Comme pour toutes les solutions logicielles, il existe le problème de la fragmentation qui est déjà connu dans le monde des téléphones intelligents. Ce n’est pas tout le monde qui met à jour son logiciel, et les fabricants ajoutent de nouvelles fonctionnalités qui ne sont pas forcément compatibles avec les versions précédentes, ce qui crée d’importants problèmes lorsque tous les membres d’une équipe ne possèdent pas la même version du logiciel ou que certains clients préfèrent utiliser une version différente. Dans l’équipe de Traductions Laurent Chevrette, nous sommes bien habitués à composer avec ces difficultés et possédons les versions principales de chaque logiciel pour être à même de répondre aux particularités de chaque projet, et ce, à tout moment. L’autre difficulté de ces logiciels professionnels de TAO : leur prix. Si certains sont gratuits, leur qualité est parfois discutable. Les logiciels qui trônent au sommet de l’industrie sont des solutions qui coûtent plusieurs milliers de dollars, ce qui les rend peu accessibles agences ou aux traducteurs débutants.

Commençons par SDL Trados (voir la capture d’écran ci-dessus), la plus grande pointure de l’industrie, qui est aussi la première solution que nous avons utilisée. Précédemment, nous avions déjà commencé à présenter ce logiciel, et il demeure incontournable dans l’univers de la traduction. SDL Trados détient un certain monopole depuis son arrivée sur le marché, il y a 12 ans. Le nom complet de sa dernière version est SDL Trados Studio 2017. Il est souvent offert avec les autres logiciels de la suite SDL, notamment MultiTerm, qui est très utile pour gérer les BT, et Language Cloud, le système infonuagique permettant de gérer la traduction automatique et d’accélérer la postédition. À la fine pointe de l’industrie, il ouvre une marche stable vers cet univers hybride des solutions hors ligne, mais connectées.

Vous êtes maintenant en droit de vous demander : « Mais alors, si SDL Trados occupe la première place, pourquoi travaillez-vous principalement avec son concurrent direct, memoQ? »memoq1 1 1024x539 - Les outils de traduction assistée par ordinateur (TAO)

Quasiment du même âge que le chef de file SDL Trados, memoQ (voir la seconde capture d’écran) propose des fonctionnalités similaires, mais le fait de façon plus ergonomique. Soyons francs, cela est très utile pour nous, les traducteurs. C’est son système de filtres, situé juste au-dessus de la fenêtre affichant les segments du texte, qui nous a d’abord séduits lorsque nous avons commencé à l’utiliser, il y a plus de six ans. Toutes ses fonctions sont à portée de clic, ce qui garantit un travail rapide, efficace et cohérent. En outre, il est compatible avec les fichiers de SDL Trados ainsi qu’une multitude de formats de fichiers. Il propose également des fonctions en ligne avancées depuis l’arrivée des dernières versions. Pour la plupart des projets qui nous sont confiés, à moins d’une demande particulière de la part d’un client, c’est avec memoQ que nous travaillons.

 

 

 

                                                            Voilà donc un portrait global des outils que nous utilisons, dont la liste pourrait encore s’allonger, notamment en raison de l’influence toujours grandissante des fonctionnalités liées à l’intelligence artificielle et aux réseaux neuronaux permettant d’accélérer le processus de traduction. Comme nous sommes toujours à l’affût des dernières avancées en matière de technologie de traduction, la liste des outils que nous privilégions est en constante évolution. Nul doute que ces nouveaux concepts deviendront de plus en plus présents dans la conception des logiciels que nous utilisons, et ils feront évidemment l’objet d’un prochain article, comme nous l’avons annoncé dans l’introduction. En effet, la question se pose : quelle est la place du traducteur dans l’écosystème de la traduction, face à l’efficacité grandissante de la traduction automatique et de l’intelligence artificielle?

david gestin 8699 60x60 - Les outils de traduction assistée par ordinateur (TAO)
Ami de longue date de Laurent, David Gestin est à l’aise autant en traduction technique que marketing, en passant par le juridique et la postédition. Maîtrisant parfaitement le japonais, l’anglais et le français, il fait partie des employés vivant à l’étranger (France dans son cas) qui nous permettent d’accélérer le processus de traduction en tirant parti des différents fuseaux horaires. Lorsqu’il ne travaille pas dans son outil de TAO favori (memoQ!), David aime passer du temps avec sa famille, les jeux vidéo et la science-fiction.

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